Droit de visite non respecte : quels recours quand l’autre parent ne presente pas l’enfant ?

Droit de visite non respecte : quels recours quand l’autre parent ne presente pas l’enfant ?

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Un week-end sur deux qui n'arrive jamais, un enfant absent au point de rendez-vous : que faire quand l'autre parent ne respecte pas le droit de visite et d'hebergement ? Main courante, plainte, saisine du JAF... le point sur les recours.

Un week-end sur deux qui n’arrive jamais, un enfant qui n’est pas presente au point de rendez-vous, un parent injoignable au moment de l’echange : le non-respect du droit de visite et d’hebergement (DVH) est l’une des situations les plus douloureuses et les plus frequentes en droit de la famille. Voici les recours concrets, du plus simple au plus radical.

Qu’est-ce que la non-representation d’enfant ?

Lorsqu’un parent refuse, sans motif legitime, de presenter l’enfant a l’autre parent alors qu’une decision de justice ou une convention homologuee fixe un droit de visite et d’hebergement, il commet le delit de non-representation d’enfant, prevu par l’article 227-5 du code penal. Ce delit est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Les peines sont aggravees, jusqu’a trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, lorsque l’enfant est retenu plus de cinq jours ou eloigne du territoire.

Pour que l’infraction soit constituee, trois conditions doivent etre reunies : une decision de justice ou une convention precise fixant les modalites du droit de visite, la connaissance de cette decision par le parent defaillant, et l’absence de toute ambiguite sur les termes de la decision. Un simple retard ponctuel ou un desaccord sur un horaire ne suffit generalement pas a caracteriser le delit : il faut un refus reitere ou manifestement volontaire.

Les premiers reflexes : main courante et constat

Avant d’engager une procedure penale, il est utile de constituer des preuves. Le depot d’une main courante au commissariat ou a la gendarmerie ne declenche pas de poursuites, mais cree une trace officielle et datee de chaque manquement. Repetee, elle permet de demontrer le caractere habituel du refus.

Pour les situations les plus tendues, un constat d’huissier de justice (aujourd’hui appele commissaire de justice) au point de rendez-vous habituel peut egalement etre dresse. Ce document, plus formel qu’une main courante, constitue une preuve solide devant le juge aux affaires familiales comme devant le juge penal.

Porter plainte pour non-representation d’enfant

Face a des manquements repetes et caracterises, il est possible de deposer plainte pour non-representation d’enfant aupres du commissariat, de la gendarmerie ou directement du procureur de la Republique. Le parquet peut alors poursuivre le parent defaillant, avec a la cle un rappel a la loi, une composition penale ou, dans les cas les plus graves, un renvoi devant le tribunal correctionnel.

La voie penale n’est cependant pas toujours la plus adaptee : elle est lourde, parfois longue, et peut envenimer une situation deja conflictuelle, notamment lorsque les parents devront continuer a communiquer pour l’education de l’enfant pendant de nombreuses annees.

Saisir le juge aux affaires familiales

En parallele ou en alternative a la voie penale, le parent victime du non-respect du droit de visite peut saisir le juge aux affaires familiales (JAF). Plusieurs leviers existent :

  • demander une astreinte financiere, c’est-a-dire une somme due par le parent defaillant pour chaque manquement constate ;
  • solliciter une amende civile, qui peut atteindre 10 000 euros en cas d’obstruction grave et renouvelee au droit de l’autre parent ;
  • demander la modification des modalites de residence ou du droit de visite, voire son encadrement (rencontres en lieu neutre, presence d’un tiers) lorsque les manquements se repetent ;
  • dans les situations les plus graves, demander un transfert de residence de l’enfant.

Le juge appreciera chaque situation au regard de l’interet de l’enfant, qui reste le seul critere guidant sa decision.

Ce qu’il faut garder en tete

Un droit de visite non respecte ne doit pas etre subi en silence, mais la reponse doit rester proportionnee : un incident isole ne justifie pas la meme reaction qu’un blocage systematique. Avant d’engager une procedure, un echange, y compris par l’intermediaire des avocats respectifs, ou une mediation familiale, permet parfois de debloquer la situation sans envenimer les relations, dans l’interet de l’enfant.

Me Mayzaud, avocat en droit de la famille a Rennes, vous aide a evaluer la situation, a reunir les preuves utiles et a choisir la voie la plus efficace, amiable, civile ou penale, pour faire respecter vos droits et ceux de votre enfant.

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